Premiers pas

Quelle énergie ! Ce soir nous sommes allés rendre visite à O., patiente du Dr Van Wijck. O. a aussi souffert d’une paralysie faciale, différente de la mienne. Elle a eu ce qu’on appelle paralysie affrigorée. Le gars que j’avais rencontré au Mali avait eu pareil. Un coup de froid qui irrite le nerf et laisse le visage paralysé.
Cette femme donne plein d’espoir. C’est aussi une bonne commerciale pour la méthode du Dr Labbé&nbsp! Elle m’a très chaudement recommandé de sauter le pas.

Premières impressions lors de la rencontre : pas mal, mais pas aussi bien que ce à quoi je m’attendais.
Et puis, au cours de la conversation, on s’habitue, et l’image de la paralysie (rèmanente) disparaît, pour laisser place juste à une petite anomalie.

Prenons le bon côté des choses. Je suis déjà en phase de réajustement des attentes. Non, ça ne résout pas tout. Non, on se retrouve pas « presque » comme avant. Mais on s’améliore. Au lieu d’avoir tout le côté figé et pendant, on s’en sort avec une bouche un peu tordue.
Alors déception quand même, mais la déception du fol espoir.

Examen clinique. Des cicatrices, on en voit, un peu dans le pli naso-machin… Sur le crâne on ne voit rien, car c’est dans les cheveux. D’après elle, au dessus des oreilles. Sensation, rien à signaler. On se retrouve apparemment comme avant, juste avec un muscle délocalisé et plus exploité !
Ah oui, nouvelle information, le déplacement de ce muscle occasionne une fossette sur la tempe, comme un creux qui accentue celui déjà existant sur la tempe, entre le sourcil et le haut de l’oreille. Apparemment il serait possible de le combler. A voir.

Autre question : une des raisons pour laquelle j’envisage cette opération, c’est pour essayer de soulager cette douleur des muscles ankilosés. Douleur sourde et tenace, qui imprègne tout le côté, y compris jusque dans la bouche. Comme je disais à un moment. j’ai l’impression que mon dentiste habite dans ma bouche.
Ça me fait serrer les dents et les grincer, pour savoir si je les ai toujours. Très mauvais, ça.
Malheureusement je ne pense pas que l’opération n’y change quoi que ce soit.

Il faut voir. O a été opérée en Janvier. Il lui reste à faire de la rééducation jusqu’en Février. Elle affirme qu’elle sent le muscle tirer, qu’elle le « sent », qu’elle peut le tirer déjà, avec le formidable espoir de contrôler la commissure de la bouche et l’ouvrir pour sourire. Il faudrait que je la revoie après. Attendre encore. Attendre? ou décider ?
non, je déciderai cette année. Je vois le docteur Labbé, et je prends une décision. Pourquoi attendre plus ?

Malgré les touchants conseils du fond du coeur prodigués par O., je tente de ne pas m’enflammer. Comme le faisait judicieusement remarquer B., O. n’a pas eu à entrer en « bonne santé » à l’hôpital pour connaître une opération destinée à sauver la vie mais laissant dans un état imprévisible au départ. Elle n’a pas hésité. Elle n’était pas bien, le résultat ne pouvait être que positif.
Ayant déjà eu une opération lourde, je suis moins enclin à m’enflammer à l’idée de repasser sur le billard, avec les risques que ça comporte. Même si l’hospitalisation ne dure que 3 jours.

C’est bien de pouvoir parler à quelqu’un qui a eu la mème chose que vous. J’ai été sot de ne pas prendre contact avec les gens de l’ABFNA. O. a soulignés les implications sociales de la paralysie, celle que je commence à percevoir. Oui, je suis un peu renfermé, je vieillis un peu, mais je n’ai jamais eu de mal à faire des contacts, alors que c’est désormais de plus en plus dur. Je ne veux pas avoir d’espoir fou, que tous mes problèmes relationnels vont se résoudre d’un coup de baguette magique après cette opération, mais je ne veux pas non plus évacuer le rôle de la paralysie dans mon déficit de relations sociales.

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